Procès-verbal d'audition préliminaire
Dans le cadre de l'enquête en cours relative à l'homicide de Mme Aïcha Benali, professeure de sciences de l'environnement à l'Université d'Agadir, la Brigade criminelle relevant du Bureau central d'enquêtes a procédé, en date du 26 mars 2024, à l'audition de Mme Kenza Tamazirt, également connue sous le nom de code « Akal ».
Résumé des faits
Le témoin, Mme Kenza Tamazirt, de nationalité marocaine, a déclaré s'être présentée (ou avoir été convoquée) au commissariat de police d'Agadir afin d'être entendue dans le cadre de l'enquête relative à l'homicide de Mme Aïcha Benali, professeure de sciences de l'environnement à l'Université d'Agadir.
Selon ses déclarations, elle se trouvait le 15 mars 2024, aux alentours de 19 h 25, au café Argana, situé sur la route de Tiznit, où elle affirme avoir aperçu Youssef Benali, frère de la victime.
Elle a précisé s'être rendue sur les lieux afin d'y rencontrer la victime, qu'elle ne connaissait toutefois pas personnellement, mais dont elle avait seulement entendu parler. Elle a indiqué que Mme Benali cherchait, selon ses dires, à établir que son ami Hassan Ziani avait été assassiné, et qu'elle-même (Kenza) avait l'intention de l'aider dans cette démarche.
Éléments déclarés
Mme Tamazirt a reconnu avoir agi dans la plus grande discrétion, expliquant qu'elle craignait pour sa vie. Elle a affirmé que certaines personnes — dont elle ignore l'identité réelle — utilisent des noms de code empruntés à des villes marocaines, tels que « Meknès » ou « Essaouira », et a déclaré que ces individus l'élimineraient s'ils apprenaient qu'elle coopérait avec Mme Benali.
Elle a également précisé que ces personnes recourent à un système de pseudonymes liés à des régions amazighes, et qu'elle-même était connue au sein de ce groupe sous le nom d'« Akal », mot amazigh signifiant « la terre ». Elle suppose que ce nom lui a été attribué en raison de ses origines amazighes. Elle a ajouté que Mme Benali était membre d'une coopérative amazighe, ce qui pourrait constituer le lien entre elles.
Au cours de l'audition, Mme Tamazirt a déclaré détenir des éléments de preuve susceptibles d'établir que M. Ziani a bel et bien été assassiné, et qu'elle souhaitait faire parvenir ces éléments à Mme Benali afin de faire « tomber » — selon ses propres termes — les personnes responsables du crime.
Elle a refusé d'expliquer pourquoi elle ne s'était pas adressée directement à la police, invoquant la peur, et s'est abstenue de tout commentaire supplémentaire.
Sur l'insistance de l'inspectrice quant à ses motivations, elle a finalement révélé que ces individus la contraignaient à travailler pour leur compte, et qu'elle espérait qu'en remettant les preuves à Aïcha, celle-ci se chargerait de les transmettre à la police en son nom.
Elle a reconnu éprouver une crainte à l'égard de la police, pour des raisons qu'elle n'a pas souhaité divulguer, tout en soulignant que cela n'avait aucun rapport avec Aïcha ou Youssef Benali.